Carte Postale

March 22nd, 2010


Dans les moments de faiblesse, quand mon iPod est déchargé ou quand on me menace de mort par ablation ongulaire, je consens parfois encore à laisser mes oreilles et mon intellect se faire saccager par le médium radiophonique. Et je ne reviendrai pas sur le pauvre sort des DJs de Radio, déjà si magnifiquement explicité dans un précédent article, non c’est vraiment le contenu de la bande FM qui est en train de me pousser à bout tel un morceau de caca emprisonné dans une cavité rectale constipée. Alors j’ose cracher le morceau, la problématique même de cet article :

Quid du paysage électronique commercial d’aujourd’hui ?

En quête d’inspiration, je me suis donc rendu sur de nombreux sites internet qui font référence en la matière, et c’est vraiment un de mes préférés de toute la vie qui a retenu mon attention : Fun Radio.fr. On peut en effet remarquer sur ce dernier une catégorie permettant de retrouver avec une grande facilité n’importe lequel des titres qui passerait à l’antenne et dont le nom échapperait à nos humbles tympans. Sobrement intitulé « C’EST QUOI CE TITRE ? », je vous propose ici même une nouvelle version, qui me paraît réellement beaucoup plus à propos :

Et pour une fois je n’inclurai pas Bob Sinclar dans la liste des coupables, ce dernier ayant, certainement après avoir trop bu de son propre sperme, littéralement pété un câble et décidé de se réfugier dans un genre sur lequel je n’ai vraiment plus rien à dire, nommément le reggae. Et sans dire que c’est pire, parce qu’il faut quand même pas déconner, on ne peut pas dire que le paysage électronique brille de par sa qualité. C’en est même triste. Alors certes je me fais vieux, j’entame de sortir de la target audience de Foune et je commence un nombre non négligeable de mes phrases par le mot « Avant », aussi je me pose la question : les jeunes sont-ils vraiment si cons que ça ? Ou plutôt, est-ce que quoique l’on écoute étant jeune, on le kiffe grave peu importe le degré pourtant quasi létal de merditude impliqué ? Est-ce que mes superbes souvenirs musicaux ne seraient-ils en réalité constitués que de sombres merdes du même apanage que celles que je me force de descendre ici même ?

Mais non, aujourd’hui n’est pas un jour pour l’introspection et les bons sentiments, parce que ce qui nous est proposé est tout simplement ignoble. Ignoble, et même pas original dans l’ignoble, ce qui a tendance à le rendre d’autant plus terrifiant et horrible. Laissez moi vous expliquer.

Courant 2008, je vagabonde sur mon Beatport préféré et remarque avec curiosité un nouveau Numéro 1 au top 100 des Downloads (pas forcément une grande référence, donc) : Guru Josh Project, Eternity 2008, Klaas Remix. Tiens, c’est nouveau ce type de rythmique, ce drop tout en découpage et en silences opportuns. Ca ne casse pas trois jattes à un cul-de-patte, mais bon pourquoi pas. On passe.

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2010, dans la bagnole, une radio « tendance » quelconque, et The Sound of San Francisco, la zike qui a marqué mes 15 ans au travers de son remix par les Global Deejays, me pousse à la chansonnette. 8 temps avant le supposé refrain, je remarque qu’elle semble partir différemment et que la voix n’est pas exactement la même. Bizarre. Voyons voir. Oh mon dieu.

MAIS, C’EST EXACTEMENT LA MÊME RYTHMIQUE QUE LE REMIX DE KLAAS PRÉCÉDEMMENT CITÉ !?

Tiens. Voilà qui est moultement étrange, de ressortir ce type de son maintenant. Prochaine chanson, et je commence à me faire une joie de reconnaître What Is Love, tube interplanétaire qui a marqué une bonne partie de mon adolescence : ils passent ça à la radio. Un clin d’œil sans doute. Refrain.

MAIS, C’EST EXACTEMENT LA MÊME RYTHMIQUE QUE LE REMIX DE KLAAS PRÉCÉDEMMENT CITÉ !?

Praise Cat ? Ce grand classique house ressorti il n’y a même pas 5 ans, sur lequel de belles quantités d’alcool se sont plu à faire l’aller retour bucalo-stomacal, le plus souvent à mes dépends ? C’est sympa, je me demande comment est le ref

MAIS, C’EST EXACTEMENT LA MÊME RYTHMIQUE QUE LE REMIX DE KLAAS PRÉCÉDEMMENT CITÉ !?

Je pense que vous avez compris. C’est tellement flagrant que ça en devient pathétique. C’est pourquoi, possédant moi-même de grandes aspirations dans la vie, je viens de décider de programmer un nouveau type de machine : le MERDOTRON 3400 (afin qu’il reste fashion au moins jusqu’en 3399). Chaque année, il vous suffira d’allumer votre MERDOTRON 3400, de sélectionner un type de rythmique sorti 3 à 4 ans auparavant, un classique indémodable d’une vingtaine d’année minimum, et TADAA : votre MERDOTRON 3400 vous caguera immédiatement un tube électro dont la qualité saura à coup sûr attirer la convoitise de tous et satisfaire les abyssaux fondements des grands pontes des majors musicaux.

Merci MERDOTRON 3400, grâce à toi moi aussi je peux devenir une STAR!

Tresch

Lettre d’amour

January 27th, 2010

Ses nuits, bercées par la pénombre, sont comme ses journées d’un blanc immaculé ; et sa fraicheur, fine et piquante, ne saurait être balayée que par la douce chaleur d’un foyer. Oui, aucun doute, janvier se fait notre hôte et nous accueille en cette nouvelle année ! C’est pourquoi BigFatGio et moi-même nous joignons donc pour vous souhaiter une riche et musicalement transcendante année 2010, puisse-t-elle vous apporter joie et bonheur comme sexe et chaleur !

Mais revenons un peu à nos moutons musicaux. Un air, une mélodie, une chanson : oui, nous parlons de toutes ces choses qui, chaque jour, nous transportent et nous bougent. Nous parlons de cette mélopée qui, doucement le matin, fait que tu te réveilles le sourire aux lèvres – juste après avoir balancé ton putain de réveil de merde sur le mur. Celle-là même qui prendra tes larmes dans cette scène magnifique du film que tu regarderas ce soir. Celle-là aussi, que tu découvriras d’un clic hasardeux sur Internet et qui t’emmènera loin, loin de ton écran d’ordinateur. Cet hymne sur lequel tu t’égosilleras la prochaine fois en boite, toi, tes meilleurs potes et vos dizaines de grammes d’alcool. Cette suite de 1 et de 0 qui te permet un peu de te détacher de tes problèmes, et qui te fait rire, partager, aimer. Cette émotion.

C’est quand même fou ce que c’est beau, la musique.

Alors au final, peu importe que tu écoutes du reggae, du rap français, de la musique classique, de l’électro, du hip hop, du ska, du rock, de la pop, de la techno, du jazz, du breakbeat, de la dance, de l’extreme death chocapic, du r’nb, du disco, de l’alternative, du métal, de la trance, du drum & bass, du downtempo, du lounge, du blues, du country, du funk, de la minimale, de la house ou quoi que ce soit d’autre.

Tant que toi aussi, minute après minute, jour après jour, la musique te fait littéralement kiffer. Elle te prends les tripes à pleines mains, te retourne le ventre, libère tes pensées, te fait sauter toujours plus haut. On aura beau cracher sur toi le hippie, sur toi le fashiontek, sur toi le métalleux, à la barbe tellement longue que tu pourrais la passer entre tes jambes, l’accrocher à tes cheveux et la porter en sous-vêtements, ce qui compte au final c’est que tu l’aimes, ta musique.

Donc bonne année, pleine de découvertes et de redécouvertes, d’exaltantes surprises et de déceptions, parce que cela fait aussi partie de ce grand voyage qu’est la vie. Dans tous les cas, que la musique reste à vos côtés pour aller toujours de l’avant et grandir et atteindre tous les sommets. Pas de place pour les regrets et les remords, ce qu’il faut, c’est foncer.

Et puisqu’on aime bien dire ce qu’on fait et ne pas faire ce que l’on dit, on va profiter de cette petite lettre d’amour à la musique pour nous rétrospectiver, peu importe le degré de saleté que cela implique.

Depuis le Chakanight, David Guetta a sorti le single promis, « Sexy Bitch », et l’album qui va avec. Et qui fracasse. Tellement qu’il fracasse, il s’est heurté à la censure américaine : le duo avec Akon se voit rebaptisé, les paroles modifiées, on parle maintenant de « Sexy chick ». Pour rester dans le ton, on peut aussi souligner que le single de reggaelectropopvomi de Bob Sinclar a fait un four, ce qui découragera peut-être son auteur de continuer à sortir des CDs. Les DJs de radio continuent de sévir, tout comme les groupes de techno de merde dont s’abreuvent les clubbers et tuneurs en manque de sensations.

Du point de vue des albums chroniqués, nos avis ont peu évolué: les commentaires apportés sur l’article concernant Mylène Farmer n’ont fait que confirmer ce que BigFatGio pensait de certains de ses fans, comme quoi l’adage « Y a des cons partout » ne saurait mentir. Sinon, en bref, on apprécie un peu plus MGMT et Kanye West, Basshunter et Günther font toujours de la merde, on a complètement oublié les tubes de cet été ou encore La Roux

Rob Dougan est toujours aussi bon et aussi pas connu, et semble être beaucoup trop occupé par les vignes héraultaises pour daigner se consacrer à quelque chose de nouveau. BigFatGio a ses places pour Prodigy au Zénith de Paris en avril, et est toujours fan de Rammstein – comme le montrera le prochain article, quel cliffhanger, vous êtes tous sur les dents là hein -. Girl Talk déchire toujours autant mais pas de grosses nouvelles de son côté, SebastiAn quand à lui devrait (enfin) sortir son premier album cette année, et nous fait d’ores et déjà languir avec Threnody. Passion Pit gagne encore et toujours en popularité et commence à passer sur les grandes ondes, et les voir en live déchire beaucoup.

Parlons maintenant nouvelles technologies: l’article de Tresch sur le sujet est resté lettre morte, mais Twitter devient à la mode: les musiciens, les acteurs, et même les politiciens français se le sont approprié. Le mois dernier, les candidats des présidentielles en Ile-de-France se clashaient par touits interposés, et même Georges Chétochine en a un. Par contre, Bob Sinclar n’a toujours pas répondu à notre commentaire.

Voilà, ce bref tour de l’année passée touche à sa fin… Accueillons maintenant l’an deux mille dix gnement.

BigFatGio & Tresch

Geeks de tous pays, identifiez-vous!

November 13th, 2009

Basshunter – LOL(^^)

Date de sortie Française : 05/05/08
Tracklist :
01. Now you’re gone
02. DotA
03. Boten Anna
04. I’m your Bass Creator
05. Russian Privjet
06. Professionnal Party People
07. GPS
08. Hello there
09. We are the Waccos
10. The Beat
11. Without Stars
12. Throw your hands up
13. Strand Tylösand
14. Between the Two of Us
15. Boten Anna (remix)
16. DotA (remix)
17. Jingle Bells
18. Beer in the Bar

Extrait : We are the Waccos

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BigFatGio: Non je pense déjà bien emphasizer le coté « c’est pas un vrai geek » : il a une vie sexuelle, il est connu et il traduit ses morceaux en anglais pour faire mainstream.
Tresch: Y a rien de vraiment nouveau là. Par contre, tu peux dire que dans le clip de la version anglaise il a un casque trop moche et qu’on dirait qu’il fait une crise d’épilepsie derrière des platines pas allumées alors que le clip de la version originale défonce!

BigFatGio: Ouais, mais qu’est-ce qu’il branle sur un hovercraft/bateau de feinte, dans le clip original ??
Tresch: Héhé c’est ça qui gère

Voilà l’idée originale de la critique d’album qui vient: une conversation sur MSN. Vous noterez que, contrairement à l’idée répandue, il n’y a pas de « lol » dans cette discussion. Pour rectifier ça, l’album que je m’apprête à critiquer s’appelle tout simplement « LOL (^^) ». Pour les ignorants et les vieux, ça veut « mort de rire (je rigole) ». On s’attend donc à une profondeur sans pareille dans le propos.

Cet album, qui ne prête pas pourtant tellement à rire, c’est le premier album de Basshunter, le fameux DJ suédois auteur de tubes intergénérationnels comme « DotA » et « Boten Anna ». Vous, qui lisez chaque article de Flat Bite, qui avez les goûts qu’il faut, vous vous souvenez évidemment de ces tubes, vous les connaissez même par coeur.
D’aucuns diraient que DotA serait copié sur un certain « Daddy DJ ». « DotA » ne plagie pas, il transcende. Pour une fois, les geeks semblaient avoir pris un peu le contrôle des maisons de disques. Plus besoin d’Hadopi, de licence, de iTunes, ça y est la révolution est en marche. En plus, ses paroles étaient au départ étonnamment originales. Le DJ y dépeignait les habitudes d’une jeunesse qui passe son temps devant le PC, qui ne voit pas la lumière du jour, et qui survit grâce au McDonald’s Delivery…

Bon, je sais ce que vous vous dites, il pourrait quand même parler de l’album. Ben non. Chacun sait que ce que fait Basshunter est merdique, surtout la version traduite en anglais, à base de chansons d’amour mièvres, sur lesquelles on a rajouté du gros boumboum dégueulasse. Sans parler des crises d’épilepsie devant des platines éteintes.

« We never see the daylight »

Et dire qu’au départ il m’inspirait une certaine sympathie, avec sa tronche de raie et ses chansons de geek, ses clips tournés dans la chaleur moite et obscure d’une LANparty. C’est vrai, OK, depuis le départ, sa geeketé paraissait douteuse, mais il aurait pu garder le créneau, ou même faire autre chose, et laisser Anna le bot tranquille. Au lieu de ça, il a gardé les mêmes chansons pour en faire “Now you’re gone” ou bien “All I ever wanted”, et il est parti dans les méandres de la dance de merde. Concurrencer David Guetta, c’est peut-être là tout ce qu’il a jamais voulu faire.

BigFatGio.

PS: Pour les plus pervers d’entre vous, vous aurez noté que la référence à la vie sexuelle de Basshunter n’a pas donné suite. Ceci est voulu. C’est pour que s’assurer que Flat Bite reste le blog musical non pornographique. Pour plus d’informations, cherchez “basshunter nude” sur Google, en désactivant le filtre, par exemple.

Ou bien, si vous aimez, téléchargez:
Basshunter Basshunter - LOL (^^)

Fun Extravaganzaminator Mix From Hell Cocotte-Minute Night Party

October 21st, 2009


Comme je vous plains. Comme je vous comprends aussi. C’est sur, ça ne doit pas être facile. Des milliers de personnes vous adulent. Des millions, peut être. Vous avez la réputation d’être parmi l’élite, les meilleurs, le sommet. La crême. Mais au final, tout ce travail, tout cet acharnement, tout ce dévouement : pour quelle récompense ? Pour rien. Que dalle. Nada. Peanuts. Comme je vous comprends. Je vous comprends car, au final, votre position, c’est un peu celle d’un enfant perdu dans la rue un soir de Noël, un peu celle d’un chaton abandonné qui lutte pour trouver une coupelle de lait à laper dans son carton ; un peu celle de l’auteur d’un super blog que personne ne lit. Ou pas. Karel, Jay-Style, Mico, Lionel, Kash, Morgan Nagoya, Romuald, Geoffrey Baldet et tant d’autres que j’oublie encore, c’est à vous que cette lettre s’adresse. Je viens juste de citer vos noms, et personne n’a encore compris de quelle merde je veux bien encore pouvoir parler putain de bordel. Je crois que je vais chialer.

Oui c’est à vous, DJs infortunés mais pas d’infortune, résidents de radios que la décence et le bon goût m’empêchent de citer, fiers piliers des phénomènes « Party Fun », « NRJ Extravaganza » et tant d’autres (oups, ne viendrais-je pas justement de citer les radios en question ?) que cette lettre s’adresse. Comme je vous plains.

Ca ne doit pas être facile, ça non. Je vous écoutais, l’autre jour, l’oreille hagarde alors que de nuit je conduisais ma voiture. Trois Guettas en moins d’une heure. Deux No More Love. Le dernier Lady Gaga. Trois bootlegs finis à la pisse et au coin de table en guise de transitions. Je crois même avoir entendu du Cascada. Et du reggae. Ah non, c’était No More Love.

Il va bien évidemment de soi qu’aucune personne sensée en ce monde n’aurait un jour l’idée d’un tel… enchaînement. C’est tellement facile. Tellement simple(t). Un peu comme une blonde en quelque sorte. Personne donc, sauf un de ces saaaaaleeees déééémoooooons capitaaaaliiiiisteeees assoiiiféééés par les doooools et la réussiiiiiite, maaaaan. Les salauds. Vous faire ça, à vous. Je suis sûr que vous êtes doués à la base, au moins au double deepthroat après péné anale, car mine de rien vous officiez sur les plus grandes radios de France aux grandes heures d’écoute : les soirs de weekend après dix heures, où tout le monde est soit déjà en boîte, soit déjà assez torché pour arriver à supporter ça. Soit les deux. En tout cas, votre ennui doit être profond, et cela se ressent tout à fait quand une oreille un peu aguerrie vous écoute. Pour ces raisons on vous pardonnera donc les calages constamment décalés, les cuts qui feraient passer un E.T. enculant une vache pour un truc pas sorti de nulle part, les superpositions bonnes à œdèmer le plus vaillant des systèmes vasculaires. C’est normal.

En fait votre boulot, c’est un peu celui d’un nettoyeur de fosse sceptique : vous videz les bacs (de Cds) de merde que les gens remplissent par leurs (fautes de) goûts immondes. Quel travail ingrat.

À bien y réfléchir, je sais pas trop au final. Peut être qu’en vérité vous êtes constamment défoncés à un cocktail de kétamine – héroïne – laxatif pour éléphant et que vous kiffez vraiment ce que vous faites. Peut être qu’en fait vous n’existez pas, purs fruits de l’imaginaire collectif créé par des entreprises malveillantes (ouaaaaiiiiis le capitaliiiiiisme quoiiiii (ta gueule le hippy)). Peut être êtes vous des robots.

Dans tout les cas, je vous plains. Et sachez bien que le sacrifice neuronal que vous faites pour la nation, je l’admire. Je vous admire. Reste à espérer que tout cela ne soit pas fait en vain.

Un peu comme un super article de super blog que personne ne lit, en fait.

Tresch

Unrelated to Albert

October 18th, 2009

Rammstein – Liebe ist für alle da

Date de sortie Française : 16/10/09
Tracklist :
1 – Rammlied
2 – Ich tu dir Weh
3 – Waidmanns Heil
4 – Haifisch
5 – B********
6 – Frühling in Paris
7 – Wiener Blut
8 – Pussy
9 – Liebe ist für alle da
10 – Mehr
11 – Roter Sand

Extrait : Mehr

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J’usais encore mes pantalons sur les bancs du collège lorsque mon meilleur ami me tend un CD, la musique est équivoque, provocante, on accroche vite à ce métal imprégné de sons électroniques… Le CD, c’est « Mutter », le dernier album de Rammstein.
Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, j’ai mûri, trouvé les albums « Reise Reise » et « Rosenrot » tout bonnement mauvais, surtout comparés aux albums précédents du même groupe. Quand arrive alors « Liebe Ist Für Alle Da », je ne fonde pas tellement d’espoirs dessus.

Oh nooooon rioen do riaha, oh noojjo ne regreut rion

J’ai bien fait. Même si l’album est considérablement meilleur que les deux merdes précitées, alterne chansons bourrines et douces, morceaux vraiment électro et plus classiques, on n’y retrouve pas la magie des premiers CDs. L’album se lance sur « Rammlied », un morceau assez bruyant à la musique prenante puis continue sur des morceaux plus lents, plus monotones, la palme revenant à « Frühling in Paris », une des pires chansons du groupe. L’album alors va et vient, entre phases lentes et rapides.

Il faut dire que cet album a été repoussé bien longtemps: il y a un an, le groupe avait bouclé un album, avant de tout annuler en estimant qu’ils devaient se reconcentrer, recommencer pour faire quelque chose de plus fidèle à leur style. Je ne sais pas quoi en penser, certaines chansons étant dignes de leurs débuts, d’autres scandaleusement chiantes.

Wir sind zurück, schalte ein!

On pourrait se dire que les Rammstein ont vieilli, se sont calmés (le chanteur a tout de même 46 ans…), mais en fait non, ils continuent à remuer un peu, et surtout à provoquer pas mal. Pour preuve, le clip de « Pussy », une chanson à l’intérêt tout limité par la nullité de ses paroles, a défrayé la chronique, et permis pour la première fois au groupe d’atteindre la place de n°1 du hit-parade allemand.
Le clip a d’abord été visible sur un site porno, www.visit-x.net, avant qu’une version censurée ne tourne sur Youtube. Attention, âmes sensibles et puritaines s’abstenir.

Oui, c’est sûr que c’est de la provoc’ facile, qui n’apporte rien, mais au moins on me dira pas que c’est des nazis. Ca changera un peu, tiens. Quoiqu’une chanson contient le terme « Heil » dans son titre, je serais vous je trouverais ça louche.

Ich brauche ganz viel

Après deux albums comme « Reise Reise » et « Rosenrot », ils pouvaient pas faire pire, et « Liebe Ist Für Alle Da » est forcément meilleur. Il serait presque bon, même, à deux-trois bouses près, à savoir « Fruhling in Paris » et « Roter Sand » mais si on les enlève, on n’obtient plus qu’un album trop court, et qui manque d’une chanson énorme, comme le fut « Du hast » en son temps.

Peut-être est-ce ma faute, mais je ne m’imagine pas Rammstein faisant autre chose que ce pour quoi je les aimé la première fois: du bourrin en allemand. Dès que le ton se calme et que Till (le chanteur) se prend pour un ténor-basse, ou qu’il chante en espagnol, bizarrement, j’accroche pas… Du coup, j’ai du mal à encaisser le virage évident que les six membres veulent faire prendre au groupe. Ils auraient sorti cet album avant « Reise Reise », ça m’aurait peut-être moins choqué.

J’en reste néanmoins impatient d’assister à leur tournée, pour laquelle j’ai achetée ma place, comme tout bon fan. Parce que, moi, je l’ai achetée avant que ce soit complet.

BigFatGio

Pour le Amazon et iTunes, c’est par là :
Rammstein - Liebe ist für alle da Rammstein - Liebe Ist Für Alle Da

Lit, Thé, Ratures.

October 14th, 2009

Quoiqu’on en dise, une bonne culture ne se construit pas sans la lecture. Pour l’orthographe, la grammaire, le style, les connaissances, je pense que l’on doit beaucoup à tous les écrits qui ont pu traverser notre vie. Et aujourd’hui, je sais que je peux dire merci aux livres. Merci à Bret Easton Ellis pour sa description presque chirurgicale du viol d’une pute suivis de sa décapitation au moyen d’une lame de couteau, mais aussi et surtout pour exprimer le plaisir qui envahit notre présumé serial killer lorsqu’il s’aperçoit qu’il bande assez fort pour faire tenir ladite tête sur sa bite. Merci à Chuck Palahniuk pour m’apprendre le terme de prolapse rectale, qui consiste en le fait que le système intestinal d’un individuel ne se trouve plus à l’intérieur de son corps, mais pourquoi pas devant ses yeux, dans une piscine. Merci également à Hunter S. Thompson, pour nous raconter dans les détails les plus cruels son bad trip sous un mélange d’éther, de cocaïne et de mescaline à Las Vegas. Enfin, un merci différent, certainement pas le dernier, en tout cas je l’espère, à Laurent Garnier, pour Electrochoc.

On ne présente plus Laurent Garnier. Le Papa. Aujourd’hui, quand on parle de lui à ce qui reste de l’intellect d’un ex-tecktonikeur, son nom résonne peut être comme celui d’une légende, que l’on se doit d’aimer car il est culte, mais dont au final on ne connait rien. Celui là même qui ait instauré la French House en Angleterre, alors que j’étais à peine né. Lolo, c’est donc un peu Le Monsieur de ce mouvement qui aujourd’hui bouge des millions de personnes de par le monde.

Et c’est dans un élan de renouveau artistique, de générosité, d’égocentrisme ou que sais-je encore, qu’a été décidée l’écriture d’Electrochoc, l’autobiographie de sieur Garnier. Et j’aime autant vous dire que c’est du gros, du très gros. Au long de ces 291 pages nous est donc comptée la vie de ce grand de la Techno, pas du berceau mais presque, jusqu’à la date de sortie du livre aux éditions Flammarion, en 2003. Notez comment j’ai calé subrepticement toutes les références dans une phrase comme ça, là hop. Je suis tellement bon je pourrais vous vendre des tapis en poils rectaux de chameau. Je me kiffe.

Ce livre défonce. Genre, grave. Pour peu que l’on soit un temps soit peu attiré par ce phénomène merveilleux qu’est la musique électronique, nous avons à faire ici à une véritable encyclopédie. Il a tout vécu faut dire, ou presque. Et il s’amuse à nous raconter son récit de vie tout juste croyable, attachant notre attention à chaque ligne par plus d’anecdotes, plus de détails et plus de rencontres. Le ton employé est singulièrement familier, on est accueilli dans ce livre comme autour d’un apéro chez un bon ami. Le style littéraire en est pour son grade bien évidemment, mais il se dégage un plaisir de lire définitivement super agréable. Pour en revenir au caractère encyclopédique, il ne faut pas s’en effrayer, bien au contraire : chaque lieu, chaque période et chaque style, non content d’être exhaustivement décrit dans le livre, est accompagné de sa propre playlist, reflétant les courants musicaux et étant les parfaits exemples pour se construire des bases solides dans une culture musicale élaborée.

Le livre en lui même a bénéficié d’une attention toute particulière : dans son perfectionnisme à peine caché, Laurent Garnier a mis les petits souliers dans les grands. Et si la couverture, relativement sobre, peut se montrer un peu rebutante au premier abord pour le badaud moyen, le contenu se montre magnifique, et même ludique. Ainsi en deuxième de couverture on trouve un sommaire très original : en forme de jeu de l’oie, retraçant les étapes clés du récit sur le plateau de jeu. Tout au long du récit, des pages entières sont consacrées à des mises en forme très stylé, autant le dire, des passages clés de l’histoire. Quelle magnifique manière de mettre en forme le texte, participant à une montée d’émotion jouissive lorsqu’on lit, par exemple, que Laurent arrive presque par hasard à une rave party et qu’il signifie sa joie par un gigantesque kick qui prend tout une page : BOOOOOOOOOOOOM. Génial.

En guise de conclusion à cet article peut être trop sérieux, aussi sérieux qu’un œuf Kinder avec un chapeau de clown, je dirai que ce livre est un must, que ce soit pour le fond ou la forme c’est une réussite totale. On sort un peu grandit de cette tranche de vie, de l’information qu’il nous apporte, des franches rigolades qu’il nous donne, de sa fin presque triste, dépeignant un paysage électro fade et commercial à des années lumière de ce qu’il pouvait être dans sa naissance, il y a 25 ans. Nous reste encore l’espoir de vivre à nouveau une époque comme il a pu en créer, tout du moins l’espoir de s’éclater encore à fond, jusqu’au bout de la nuit.

Le genre que je kiffe bien mais que je m’en veux : la techno de Jacky.

October 8th, 2009

Muret, Haute-Garonne, parking de Auchan. Dimanche, 14h pétantes. Jacky fait résonner les caissons de basses de sa 206 S16 aux couleurs du Gers Tuning Club, les vitres en tremblent, la batterie en chie. Depuis 4 mois, il a rangé sa compil’ 7400% Makina pour mettre de la musique qui fasse moins bouseux: de la bonne techno.

Baby I’m the coolest guy in the crowd

Jacky aime la techno, celle qui passe en boîte, le bon son, marqué de beats bien lourds et bien répétitifs, sur lesquels une chanteuse quelconque nous gratifie de la pureté de sa voix angélique, le tout au sein du remix de DJ Toboz (star de la scène locale).
D’ailleurs, sa 206, en plus de son moteur 2L 138ch, en plus de son pare-chocs en plastique violet massif, est équipée d’un système de bafles 750W RMS et de subwoofers de ouf, qui lui ont coûté un mois complet de son salaire de manut’ à la base Intermarché.
Ne croyez pas pour autant que Jacky soit idiot: par exemple, il comprend très bien les paroles en anglais de ses chansons préférées, et vous pourriez même, si vous apprenez mieux à le connaître, l’entendre chantonner par dessus Groove Coverage. Et ce, sans jamais avoir étudié l’anglais…

C’est tout ce que j’veux, j’ai envie de panmangeux

Son péché mignon, c’est les chanteuses avec l’accent anglais, c’est d’ailleurs sur le dernier Hakimakli qu’il a remporté le dernier concours de boumboum de son département, avec un « Dilly Dally » à 176 dB.
A côté de ça, il aime évidemment les grands DJ internationaux, comme David Guetta ou Laurent Wolf. Mais il préfère Cascada, elle est quand même super bonne. Sa playlist, celle qu’il aime à faire ronronner dans ses enceintes, à 120dB en centre ville de Samatan, se compose de Basshunter, Global Deejays, mais aussi Akcent et Alex C.
Alex C., c’est l’auteur de « Du hast den schönsten Arsch der Welt », « Tu as le plus beau cul du monde » en allemand: il a fait une recherche Google pour être sûr. Il passe ça en été, quand les touristes envahissent le sud de la France…

Whooo! Let’s go! Make it hot! Come on!

Ce Jacky, je sais qu’il existe, je ne le connais pas vraiment, mais je l’aime bien. Plus que sa passion du tuning, j’aime bien sa musique: de temps en temps, je n’ai rien contre un petit Lady Gaga ou un Chasis. On peut pas toujours écouter de la bonne musique, et il arrive toujours un moment où on sature de Daft Punk, de Justice ou de bon son.
A ce moment précis, comme un arrêt aux stands, on pousse les enceintes, on lance la compil qui tue, on se prend pour Ali G dans sa R5, et plus vite qu’il ne faut pour le dire, la playlist est finie. On peut alors recommencer à mener une vie normale.

We can go to a paradise of love and joy at Destination Unknown

Là, je sais ce qui vous arrive: tous convaincus de l’utilité de la musique de Jacky pour adoucir les moeurs et mettre en abyme la qualité des vrais bons groupes, vous n’avez qu’un désir, connaître LA playlist de Jacky qui serait FlatBite-approved.
Je vous préviens, cette playlist est un pur chef-d’oeuvre. Elle n’a permis à aucun DJ un peu pointu ou original de taper l’incruste; normalement, vous connaissez tous les noms.
Cette playlist est à la musique ce que Vin Diesel est au cinéma: en un mot, posez le cerveau.

Et voilà cette tracklist magique:

M Beat feat. General Levy: Incredible
Groove Coverage: Summer Rain
Lady Gaga: Poker Face
Cascada: Because the night
Ocean Drive feat. DJ Oriska: Some people (Ton désir)
Hakimakli feat. Jamie Shepherd: Dilly Dally
Global Deejays: The sound of San Francisco
Alex C. feat. Y-Ass: Du hast den schönsten Arsch der Welt
Akcent: Kylie
Basshunter: All I ever wanted
Bob Sinclar: Rock this party
Alex Gaudino: Destination Calabria
Scooter: Maria (I like it loud)
Benassi Bros: Satisfaction

Vous pouvez évidemment, parce que chez Flat Bite on fait pas les choses à moitié, retrouver cette playlist sur YouTube:

Je vous laisse savourer…

BigFatGio

Unrelated to Brad

October 2nd, 2009

Passion Pit – Manners

Date de sortie : 18/05/2009
Tracklist :
01. Make Light
02. Little Secrets
03. Moth’s Wings
04. The Reeling
05. Eyes As Candles
06. Swimming In The Flood
07. Folds In Your Hands
08.To Kingdom Come
09. Sleepyhead
10. Let Your Love Grow Tall
11. Seaweed Song

Extrait : Little Secrets

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Je crois qu’on ne se rend pas bien compte de la responsabilité qui est incombée à l’auteur de blog lambda, l’auteur comme le blog. Imaginez donc, un jour un mec trouve un truc cool sur le net, se dit « ah ouais mais ça déchire en fait », puis remarque que ça a pas l’air d’être très connu, et paf il poste dessus. Un article entier. Et là, bam, trois mois plus tard le truc cool devient Coldplay. Ou U2. Ou Madonna. Imaginez un peu. Non content de vivre dans une opulente luxure, de goûter au stupre comme aux paradis artificiels, v’la t-y pas que notre petit auteur de blog devient célèbre. Et tout le monde l’attend au tournant. Et il a peur. Sa vie est foutue.

Néanmoins, parce que c’est vous et parce que je ne recule devant rien, surtout lorsque je peux sentir une protubérance me caresser langoureusement le bas des reins, je suis prêt à marcher le risque, et fort même : ce que je vous présente aujourd’hui, c’est cool, c’est fresh, c’est bien, et même que si c’est pas connu et que si ça devient pas connu plus tard ben en tout cas ça gagnerait au taquet à l’être. Avec une phrase comme ça, Proust aurait sûrement déclaré un truc genre « Tresch m’as tuer ».

Passion Pit. Encore des ricains, ça faisait longtemps. Mais attention, l’autre type d’américains : pas les « yo ma bitchies where you at », ici on flirte dangereusement avec le côté psycho-psychédélique de la nouvelle vague Indie-Electronique. Déjà, quand j’ai vu qu’ils avaient pu faire les premières parties d’un mec comme Girl Talk, j’ai su que ça allait être bon. Et le pire, c’est qu’ils ne se sont formés qu’il y a deux ans.

Pour faire court et concis et sir, j’oserais affirmer que Passion Pit c’est un peu MGMT, la naïveté en plus et surtout une bonne lourdeur en moins. Là où le sponsor officieux de l’UMP a une très forte marque personnelle dans sa musique, électronique, planante, et surtout très présente, on se retrouve ici face à un courant d’air pop où les chaudes mélodies synthétiques nous rappellent le meilleur des Junior Senior et où les envolées lyriques du chanteur ténor nous propulsent haut, et loin. Sur ce Manners, sur ces quarante-six si courtes minutes, rien n’est à jeter, bien au contraire.

C’est sur une note tout à fait enfantine que débute l’album avec Make Light. Le rythme entrainant pourrait être celui d’une comptine sympathique et les montées en puissance sont délicieusement nostalgiques. L’ensemble est léger et coloré, bien au contraire de la pochette, sombre et massive. Vient Little Secrets qui est vraiment LA grosse découverte qui tue grave, grave, grave de Manners. C’est funky, ça bouge, ça te mets un big smile comme pas possible comme ça te renvoie dans la cours de récré où l’insouciance et la joie règnent. Ouais, j’suis comme une vieille devant un chaton malade pour cette chanson. Moth’s Wing sonne comme une confession intimiste et comme un ciel d’été en fin de journée. The Reeling c’est une aprèm passée à jouer au foot, Eyes As Candles une ronde autour d’un feu de camp, que du bonheur. En ce sens Swimming In The Flood fait une rupture, plus mélancolique, comme un doute, comme quelqu’un perdu dans ses pensées. Ce n’est que pour être mieux suivie de Folds In your Hand qui a tout d’une immense explosion de joie, la conséquente folle adrénaline qui va avec. To Kingdom Come sonne plus classiquement comme de la pop, mais le fait d’une manière très efficace ; Sleepyhead, l’ovni de l’album arrive juste après. Toujours dans le même thème, c’est un présentoir des performances de la voix du chanteur de Passion Pit : c’est aigu sans être entêtant, pas ma préférée de l’album certes mais superbe quand même. Let Your Love Grow Tall met la tête dans les étoiles comme jamais avant d’amener Seaweed Song, fermant le livre magnifique qu’ont écrit Passion Pit avec Manners.

Ce qu’on en retiendra surtout, c’est l’efficacité avec laquelle le groupe arrive à implanter de superbes orgasmes musicaux, comme je me plais à les appeler, dans chacune des chansons tout en construisant quelque chose de différent et de très efficace autour. Le mot de la fin sera : c’est bien, c’est beau, c’est Passion Pit.

PS : Ils passent à Toulouse bientôt. –insérer fap noise ici-

Tresch

Pour le Myspace, Amazon et iTunes, c’est par là :
Passion Pit - Manners Passion Pit - Manners Passion Pit

De Battre mon Tempo s’est Arrêté

September 28th, 2009


Aujourd’hui, nous laissons la place à un invité très spécial : il n’en est certes pas à sa première apparition sur ce blog, mais son activité récente extrêmement fournie l’a conduit à nous pour cet article very très spécheul, et surtout qui défonce.

Behold Mesdames et Messieurs, DAVID GUETTA !!

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Wéééééééééééé saluuut les djeuuuuuuns wouuuuuuuh ça défonce d’être là avec vous !! Quelle ambiance de folie c’est terriiiiible !

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*note de la rédaction : non, David Guetta n’est pas un hippy, ce malgré une forme commune de language*

Alors les loulous ça défonce d’être ici ? Ensemble ? Aujourd’hui accrochez vous bien hein, car ça va dé-fon-cer. Mais alors DÉFONCER quoi aaaaah. Parce que si je suis ici, c’est pour une raison bien spéciale : je vais vous donner en EXCLUSIVITÉ les 5 choses qui composent l’équipement du parfait DJ !!! Alors sortez bien vos crayons et vos bloc-notes les lambins, CAR CA VA GRAVE FRACASSER !!!!

En numéro 5 (wééé on commence par le dernier c’est un truc que m’a appris une star du showbiz en fait ! Merci Christophe Dechavanne ! Trop fashion mdr ça défonce) :

UN CASQUE SENNHEISER!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Mais trop quoi !! Abusé, lol. Je veux dire sinon comment tu peux profiter du son comme tout le monde dans la boite !! En plus les messieurs de chez SENNHEISER, ils m’ont bien montré qu’avec les autres casques ben ça marche pas pareil !! Aucun son !!! AUCUN SON !!!!!!!!!!!!!!!!!! Lol je pouvais entendre les mouches voler à l’intérieur de mon cerveau. Alors il faut vraiment prendre des casques SENNHEISER !! En plus les autres casques ils avaient même pas de câbles : ça fait pas très DJ hein !!! Merci encore aux messieurs de chez SENNHEISER, les casques SENNHEISER c’est les meilleurs. That is helmet BEST !!! (lol je me mets à l’international maintenant, obligé avec les Black Eyed Pies et Acon)

En numéro 4 : UNE FEMME QUI DÉCHIRE TROP QUOI !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Mais ouais quoi. On se rend pas compte !! Mais ma meuf elle défonce !! Elle fracasse même !! La mienne je l’ai prise parce qu’elle ressemblait trop à un mec et que je kiffe trop ça quoi ! Et vu que tout le monde a pensé que c’était un travesti, regardez : Grâce à elle, j’ai pu jouer AU STADE DE France !!!!!!!!!!!!!!!! Bordel je connaissais même pas ce que c’était le matos dans la coupelle tellement c’était top. Ces gros trucs noirs carrés avec une roue dessus. À un moment j’ai bien essayé de tourner la roue pour rigoler mais ça a rien fait !! De toute façon là non plus il y avait pas de câbles, vous savez moi la technologie… LOL

Numéro 3 : LE FLANGER !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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Mais purée carrément !!!!!!!!!! Je veux dire, la musique sans le flanger, c’est un peu comme mickey mouse sans sa truffe mdr ! Un peu de mal à faire passer une musique après une autre ? Une séquence dure plus de 8 temps ? Rien à faire derrière les platines ? Le flanger est là pour toi mon coco !! N’hésite surtout pas, le Flanger c’est ce qui fait que tout le monde va trop kiffer et que ta musique, ben elle va FRACASSER quoi !! Le piouuuuuh là, si j’étais pas eunuque j’te jure j’aurais de ces érections à chaque fois que je le met !!! Mdr.

Le conseil production de DG : Lol mais non c’est pas Dolce Gabbana !! Sinon si tu veux faire un remix de deux chansons qui vont pas du tout ensemble, c’est très simple encore : POUSSE LE FLANGER !!!!!!!!! Ce que je préfère, c’est caler le Flanger à 150 décibels sur chaque pistes et les jouer ensemble : max de sensations !

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Numéro 2 : UN CHANTEUR CONNU !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Lol mais comment trop quoi !! Un chanteur ça défonce et ça déchire, parce que s’il est assez bon il peut carrément cacher tout le reste de la chanson : comme ça, plus besoin de se fouler sur la production !!! Regardez mon dernier album : QUE-DES-STARS. Ca défonce pas ça un peu ??????????? En plus en live ils font tout à ta place !!!!! Et le mieux, c’est même de pas mettre leur nom quand ils sont pas assez connu, comme ça tu deviens trop connus et pas eux mdr. Au cas où, mettez quand même un peu de Flanger.

Numéro 1 : ATTENTION LÀ C’EST MÉGA IMPORTANT !!!!!!!!!!!!!!!!!!! LE NUMÉRO 111111111 !!!!!!!!!!!!!!!!!

DES – MÉGA – MUSCLES – DORSAUX.

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L’apparté anatomique de DG : Mais non c’est pas Dolce Gabbana encore mdr !!! Saviez vous que les bras d’un corps humain peuvent peser jusqu’à 20 kilos chacun !!!!!

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Mais vous vous imaginez vous, pouvoir lever vos deux bras pendant des heures et des heures non stop quand vous mixez sans des méga muscles dorsaux ??? L’horreur !! Pour être au top de ma forme et lever ces deux jambons haut dans le ciel pendant des sets de 15 heures, je soulève deux camions poubelles tous les jours !! C’est très difficile, mais vous savez il faut savoir souffrir pour rester le meilleur !

Oh nooooon c’est déjà terminé ! Mais quel dommage ! Moi qui commençait tout juste à trouver que ça fracasse et que ça défonce méga-grave !!!! En tout cas tout est là : le casque, la femme, le flanger, le chanteur et les muscles : rien, vous n’aurez besoin de rien d’autre pour devenir un aussi bon DJ que moi !!!!!!!!!!!

Mais attention pas trop quand même, je voudrais pas que vous me détrôniez MDR !!!

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Propos recueillis par Tresch

Une source d’inspiration inépuisable :

SteaKtonik

September 22nd, 2009

Steak : Music From The Original Motion Picture

Date de sortie : 18/06/2007
Tracklist :
1. SebastiAn – Arrival
2. Mr Oizo – Skatesteak
3. Sebastien Tellier & Mr Oizo – Chivers as a female
4. Mr Oizo – Chuck
5. SebastiAn – Letrablaise
6. Mr Oizo – Ringardos
7. Sebastien Tellier – Stadium
8. SebastiAn – Itea
9. Sebastien Tellier & Mr Oizo – Plug it
10. Mr Oizo – X Schmidt
11. Sebastien Tellier & Mr Oizo – Hashis vers
12. Mr Oizo – Blue wet shirt
13. SebastiAn – Victimo
14. Sebastien Tellier & Mr Oizo – Top 50
15. Sebastien Tellier – Exploites
16. Mr Oizo – C.H.I.V.E.R.S
17. Mr Oizo – Bonhomme
18. Sebastien Tellier & Mr Oizo – Toizelle
19. SebastiAn – Kinder
20. Mr Oizo – Bleue
21. Sebastien Tellier & Mr Oizo – Construction

Extrait : Mr Oizo – Blue Wet Shirt

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Un soir d’ennui profond, avec Tresch, en quête d’un passe-temps digne de ce nom, nous nous dirigeâmes vers une de ces machines glauques à louer les DVD la nuit. Oui, celle où le clavier pour taper son code de carte bleue colle encore, la faute au précédent usager (a)mateur de pornographie.
Non, on a pas loué un porno, et de toute façon, le DVD était rayé.

“Je pratique juste une fellation à ce monsieur”

Le film que l’on voulait tant voir, c’était Steak, de Quentin Dupieux, avec Eric et Ramzy. Quentin Dupieux, ce nom ne parle pas à grand monde, mais son pseudo un peu plus: c’est Mr. Oizo, le seul le vrai, le compositeur de Flat Beat.
Et c’est là le véritable intérêt du film. En dehors de l’humour absurde, plus ou moins bien joué, on note que ce film réalisé par Mr. Oizo met à l’affiche un certain Sébastien Tellier. La bande son est d’ailleurs son oeuvre et mérite une attention toute particulière…

Bahaaaaa Chivers!

Commençons par le film. Je vais faire assez court, ce n’est pas le but de ce blog. Ce film raconte l’histoire de Georges et Blaise (respectivement Ramzy et Eric). Georges, au début du film, pète un câble et assassine des camarades de classe à l’uzi. Arrive Blaise en BMX qui lui emprunte son uzi et fait mumuse avec, jusqu’à l’arrivée des flics qui arrêtent Blaise et pas Georges. Blaise fait 7 ans d’hôpital psychiatrique et arrive à sa sortie dans un monde où tout a changé.
Lorsqu’il est libéré, Georges vient le chercher, la gueule emmaillotée dans un bandage: il a en effet décidé de rejoindre un gang, les Chivers, qui exige de ses membres qu’ils se soient fait refaire le visage. De plus, Georges explique à Blaise le nouvel humour, l’initie à la nouvelle musique. Dans ce monde inconnu, Blaise se replie totalement sur lui-même, avant de rentrer dans les Chivers, et de connaître un certain succès parmi eux.

Bizarrement, les acteurs de ce film sont mauvais: Eric et Ramzy s’éclatent comme des gamins, ce qu’on attend d’eux, mais ça rend le film totalement décousu. Sébastien Tellier est hilarant, mais c’est définitivement pas un acteur. Certains passages sont énormes (Blaise devant son lavabo, toute la prestation de Tellier, le cricket…), d’autres sont beaucoup moins réussis (le début, la fin). Mais parlons de la musique.

Boum tchik bzzzuiiiiiziziiiiii hoiiiink blang

La « nouvelle musique » ponctue évidemment la bande-son du film, réalisée à la perfection par deux grands de la scène électro: Tellier et SebastiAn. On retrouve les voix féminines et le son mièvre du premier, qui se marie à la perfection avec les mix brutaux et répétitifs du second. Rappelons que la collaboration des deux Djs avec Oizo avait déjà fait ses preuves sur La ritournelle (de Sébastien Tellier) et ses nombreux remixes.
Le générique du film est énorme, les samples du film rappellent les meilleures scènes: plus encore qu’accompagner correctement le film, cette OST donne une autre dimension au spectacle, et s’avère plus intéressante que le film en lui-même.
Les morceaux se suivent et ne se ressemblent pas: ils sont calibrés pour une bande originale, il n’y a donc que très peu de paroles, les morceaux sont courts et vifs: avec Stadium on se sent en vacances à Hawaii, C.H.I.V.E.R.S. et Chuck nous évoquent les soirées entre potes, Blue Wet Shirt et Hachis vers sont les exemples mêmes de nouvelle musique… Même les moments les plus banals du film sont transcendés grâce à la musique d’ambiance, excellente sans être pour autant oppressante.

En plus de servir de bande-son de qualité, je suis certain que cet album annoncera un nouveau style de musique, une fois l’épopée de la soupe commerciale de Bob Guetta et David Wollf aura cessé de nous faire chier. L’époque des Chivers n’est pas si loin, et je donne un grand avenir à ce style de “nouvelle musique”. Même si ça paraît de prime abord inaudible, on s’habitue très bien aux changements de rythme brutaux et aux saccades, et on en vient assez vite à en redemander.

En guise de conclusion, on dira qu’on sent là que ce film est réalisé par un musicien, et un des tous meilleurs des années 00. Une bande-son électro, c’est déjà rare, mais elle est de plus merveilleusement servie, par d’excellents DJs.

BigFatGio.